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NADEEN MATEKY SCULPTE NOS SOUVENIRS, UNE TRESSE À LA FOIS

  • il y a 1 jour
  • 3 min de lecture

"Chaque coiffure est un devoir de mémoire. Elle porte en elle une histoire, un héritage, des symboles."

- Nadeen Mateky


Bonjour Nadeen, pour commencer, peux-tu te présenter ?


Je suis Nadeen Mateky. Je suis sculptrice capillaire, coiffeuse, maquilleuse de cinéma, mode et directrice artistique.


J'ai essayé de me replonger dans notre première rencontre : il me semble que c'était en 2015, en backstage du défilé d'Imane Ayissi. Tu étais à la tête de la coiffure. Est-ce que tu te souviens de cette expérience ?


Oui je me souviens de notre rencontre comme si c’était hier. Sur le défilé du grand créateur Imane Ayissi où j'étais cheffe de cabine, une très belle expérience.


D'où te vient ta passion pour la création capillaire, et plus largement pour la beauté puisque tu es également make-up artist ? Est-ce que ces deux disciplines se nourrissent l'une et l'autre dans ton travail ?


Ma passion me vient d’un héritage qui m’a été transmise à l’âge de 8 ans par ma grand-mère. Effectivement je suis aussi maquilleuse et pour moi l'un ne va pas sans l’autre, c’est le combo gagnant.



Il y a une dizaine d'années, le mouvement nappy marquait le retour aux cheveux naturels. Aujourd'hui, en 2026, on observe un regain d'intérêt pour les coiffures que portaient nos mamans et leurs mamans avant elle. Est-ce que tu ressens, toi aussi, ce retour aux sources et cette forme de nostalgie dans ton métier ?


Le mouvement NAPPY, pour moi, n’a jamais réellement cessé d’exister. Il a toujours été là, silencieux parfois, mais profondément enraciné. Depuis la nuit des temps, certaines femmes ont choisi d’assumer leurs cheveux au naturel, malgré les regards, malgré les normes.


Comme ces grandes femmes qui se sont battues pour notre liberté, nos cheveux ont toujours été une forme d’expression, de résistance, d’identité. Aujourd’hui, je suis heureuse de voir cet engouement prendre une telle ampleur.


C’est plus qu’une tendance : c’est une reconnexion, une fierté retrouvée. Et c’est une très belle chose.


Tu dis : "Je ne crée par seulement des coiffures, je façonne des héritages". A qui adresses-tu ton travail ? Et quelles histoires cherches-tu à raconter à travers chacune de tes créations ?


Je dis souvent que je ne crée pas des coiffures. Je me souviens.


Chaque coiffure est un devoir de mémoire. Elle porte en elle une histoire, un héritage, des symboles. Elle est le reflet de celles qui nous ont précédées, de leurs luttes, de leur beauté, de leur résistance.


Je ne crée pas, je transmets. Je donne une voix à ce qui a toujours existé.



"Depuis la nuit des temps, certaines femmes ont choisi d’assumer leurs cheveux au naturel, malgré les regards, malgré les normes." - Nadeen Mateky

Tu es d'origine congolaise. Comment infuses-tu ton héritage culturel dans ton art ? Et as-tu eu l'occasion de présenter ton travail au Congo ?


À travers mes coiffures, je me raconte et je nous raconte. Je tisse une mémoire ancestrale faite de royaumes, de racines et de fierté, celle de nos 54 terres d’Afrique.


C est mon souhait un jour de faire une présentation dans mon pays, le Congo.


Tu accompagnes notamment la talentueuse actrice et réalisatrice Aïssa Maïga. Comment se construit votre collaboration ? Quelle place laisses-tu à ta liberté créative dans ce type de relation artistique ?


J'accompagne différentes artistes comme Aissa Maïga , Fadily Camara, Claudia Tagbo, dans la vie et sur différents projets artistiques tels que le cinéma. Les coiffures naissent en fonction des projets et des demandes de celles-ci.


L’écoute et la faisabilité.


Sur quels projets travailles-tu actuellement ? Où peut-on découvrir ton travail aujourd'hui ?


Je viens de finir un long métrage qui est actuellement au cinéma : "Les Arnaqueuses" avec Fadily Camara et Josiane Balasko. D’autres projets sont en cours de finition.


Et je travaille sur mes projets personnels en vue d’une exposition artistique et la mise en place d’une master class.



Tu évolues entre mode, musique et cinéma, avec une carrière déjà très riche. Est-ce qu'il te reste de la place pour de nouveaux projets ? Quels rêves n'as-tu pas encore réalisés ?


La prochaine étape est de passer de l’autre côté de la caméra en tant que réalisatrice.


Pour finir, un mot pour la communauté des Robeuses.


Bravo pour ton parcours. Ne rien lâcher est le mood de la réussite.


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Les Robeuses

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