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EN COULISSE #10 : PRENDRE POSITION ?

il y a 3 jours
7 min de lecture

Je m'appelle Régina et je suis la fondatrice de Les Robeuses, un média indépendant consacré à la mode, à la culture et au lifestyle, avec une expertise sur la création contemporaine africaine, afro-descendante et internationale. Je suis toujours styliste/consultante en image quand l'occasion se présente, mais comme vous avez dû le remarquer depuis 2 ans, Les Robeuses a pris une nouvelle direction. Aujourd'hui je suis principalement rédactrice en chef du média, mais aussi consultante auprès de marques.


Les articles En Coulisse sont des lieux où je parle un peu plus de moi et de ma vision. En faisant des Robeuses un média, je me suis dit que ce petit coin d'expression personnelle n'avait plus sa place. Les articles sont toujours sur le site, mais il faut le savoir pour les trouver, ou parcourir tous les articles de blog pour tomber dessus. J'avais commencé à poster sur Substack mais je n'ai pas accroché avec la plateforme.


Je songe à rendre ces articles payants. Non pas que je cherche à monétiser tout ce que je fais, mais parce que j'ai conscience de la valeur de mon travail et que j'aimerais instaurer une forme de réciprocité entre ce que je partage et ce que vous êtes prêts à lui accorder. En attendant, profitez-en, c'est gratuit !


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Suite à ma dernière newsletter (l'inscription se fait en pied de page), j'ai reçu un message disant "J'ai beaucoup aimé ta newsletter. Tu devrais faire plus de contenus ou d'articles où tu prends position sur des sujets mode". Ce message était bienveillant et exprime les attentes de cette lectrice, et forcément il a provoqué chez moi une profonde réflexion (ce cerveau géminique n'attend que ça). Mais d'où vient cette injonction à la prise de position ?


Mon opinion m'appartient.


Je pense l'avoir dit plusieurs fois déjà : "Mon opinion m'appartient". Non pas que j'ai peur de la partager, je ne ressens simplement pas le besoin de le faire (Sauf peut-être en tête à tête avec une personne proche qui me l'aura demandé et qui sera disposé à l'écouter). Et puis vous trouverez des milliers de personnes sur les réseaux sociaux ou à travers des podcasts qui le font déjà très bien.


D'ailleurs je suis moi-même fatiguée de la manière dont les médias jouent avec nos émotions. Aujourd'hui beaucoup de gens ont décidé de ne plus regarder les journaux télévisés parce que visionner les infos les rendaient anxieux. Ils se sont donc tournés vers les réseaux sociaux.


Les réseaux sociaux sont-ils moins anxiogènes ? Non. Les algorithmes sont conçus pour nous maintenir engagés, et les émotions sont un excellent moyen d'y parvenir. On vous sert ce que vous aimez pendant une dizaine de vidéos, et puis hop la onzième vidéo (nombres choisis au hasard) vous emmène dans un tout autre univers : une vidéo qui vous touche, vous fait peur, vous faire rire, vous met en colère, etc. Suivie, pourquoi pas, d'une publicité. Et nous voilà embarqués dans une succession d'émotions, de réactions et de sollicitations commerciales.


Alors vous me direz : c'est nous-même qui alimentons les réseaux sociaux ! Les algorithmes ne nous enjoignent-ils pas à créer des contenus qui font réagir ? Hooks viraux pour captiver l'audience, texte large et coloré pour attirer l'attention,... il faut provoquer une émotion pour arrêter le scroll. Et comme nous sommes prêts à tout pour être visibles, riches ou célèbres, on continue d'alimenter cette machine. Si vous décidez de ne pas jouer le jeu, votre contenu risque de passer inaperçu, ce qui crée de la frustration chez beaucoup de créateurs.


Maintenant qu'on le sait, on fait quoi ? On prend peur ? On se coupe de tout ? Ou on apprend à gérer ses émotions ?


Parce qu'à force d'être exposés à des contenus qui cherchent à provoquer une réaction chez nous, on finit par réagir avant même d'avoir pris le temps de réfléchir. On commente, on partage, on condamne, on défend. Et dans cette course à la réaction, il devient parfois difficile de faire la différence entre ce que l'on ressent, ce que l'on pense et ce que l'on sait réellement.


Mais surtout, on finit par considérer que ne pas réagir, c'est ne pas se sentir concerné. Et c'est là que ça devient intéressant.



Je ne suis qu'une messagère.

"Si tu es neutre en situation d'injustice, alors tu as choisi d'être du côté de l'oppresseur." - Desmond Tutu

Cette phrase, très souvent réutilisée pour rappeler notre responsabilité face à l'injustice, a été prononcé dans un contexte précis, celui de la lutte contre l'Apartheid. Elle est puissante et résonne encore aujourd'hui. Mais ce qui pose question dans la dualité, c'est que nous pouvons parfois contribuer à une situation injuste sans même en avoir conscience, tout comme nous pouvons croire être du bon côté sans s'être réellement interrogé sur notre position. Le monde est loin d'être tout noir ou tout blanc, tout rose ou tout gris.


Et puis on n'est jamais vraiment neutre. Nos réactions sont généralement dictées par plusieurs facteurs : notre éducation, notre environnement, nos expériences, nos traumatismes... alors le fait de ne pas choisir un camp, peut aussi s'avérer être un choix (tout comme l'abstention ou le bulletin blanc lors des élections).


Dans ces "En Coulisse", je vous parle souvent d'astrologie : je suis Gémeaux ascendant Poissons. Le Gémeaux est connu pour être un signe qui utilise sa tête plutôt que son coeur. Il observe les faits, étudie le pour et le contre, croise différentes informations afin de forger son opinion. A contrario, l'ascendant Poissons est réputé avoir une forte intelligence émotionnelle, mais préfère se mettre en retrait pour absorber et digérer ses émotions.


Ce couple Soleil/Ascendant me donne la faculté de prendre du recul face aux événements et d'analyser les situations à froid. Par conséquent, on peut dire que je prends rarement position immédiatement, je vais préférer emmagasiner les informations pour en tirer des conclusions plus tard.


Et dernièrement un événement m'a fait me questionner sur les différentes façons d'analyser un fait, une situation : la visite du Pape à Paris. Cette sur-médiatisation de ce déplacement m'a interrogée. Non pas tant sur la présence du pape en elle-même, mais sur les différentes façons dont on pouvait interpréter sa venue. Après tout, le pape n'est pas seulement une figure religieuse. Il est aussi le chef de l'État du Vatican. Sa visite peut donc être envisagée sous un angle spirituel, diplomatique ou politique. On peut également s'interroger sur les enjeux d'influence qui l'entourent (les élections en France en 2027).


Une chose que je trouve fascinante c'est que nous pouvons assister au même événement, disposer d'informations similaires et pourtant en tirer des conclusions différentes. Non seulement parce que nous n'avons pas les mêmes convictions, mais aussi parce que nous ne regardons pas les choses à travers le même prisme. Pour ma part, j'ai tendance à multiplier les hypothèses avant de me faire une idée. J'ai besoin de croiser les informations, d'envisager plusieurs scénarios et d'écouter mon intuition. Et c'est en cherchant à comprendre ces différentes façons de lire une même réalité que j'ai repensé à une idée qui m'avait traversé l'esprit (et que j'ai sans doute lu quelque part) : le lien avec ce qu'on appelle les sept chakras.


Alors j'ai demandé à une IA s'il existait des travaux sur les différentes façons d'appréhender une réalité et si l'on pouvait faire un rapprochement avec les sept chakras. Et voilà la grille de lecture qu'elle m'a proposée :


Les 7 prismes de lecture d'une réalité


  1. La grille de la survie (Rouge / Racine)

    Que s'est-il passé concrètement ?

    La lecture des faits bruts, de la réalité matérielle et des besoins fondamentaux.

  2. La grille émotionnelle (Orange / Sacré)

    Qu'est-ce que cela provoque en moi ?

    Les émotions, les désirs, les peurs, les attirances et les rejets que suscite un événement.

  3. La grille du pouvoir (Jaune / Plexus solaire)

    Qui gagne, qui perd ? Qui a le pouvoir ?

    La lecture des rapports de force, des intérêts en jeu, de l'ego et de l'affirmation de soi. C'est ce niveau que l'on prend position.

  4. La grille du cœur (Vert / Cœur)

    Quelle place reste-t-il pour l'autre ?

    La compassion, l'empathie et la capacité à considérer plusieurs perspectives sans réduire immédiatement la situation à une opposition entre le bien et le mal.

  5. La grille de l'expression (Bleu / Gorge)

    Quel message est transmis, et comment ?

    La parole, la formulation, le récit et la manière dont les faits sont présentés, interprétés ou transformés en discours.

  6. La grille visionnaire (Indigo / Troisième œil)

    Que se joue-t-il au-delà de ce que je vois ?

    Les dynamiques sous-jacentes, les liens entre les événements, les intentions possibles et les conséquences à long terme.


  7. La grille de l'unité (Violet / Couronne)

    Comment cette situation s'inscrit-elle dans un ensemble plus vaste ?

    La prise de recul, la recherche de sens, l'interconnexion des choses et la capacité à reconnaître les limites de sa propre compréhension.


J'aime beaucoup cet aspect plus symbolique des choses, ça m'a permis de mettre de l'ordre dans ce que mon cerveau avait déjà commencé à théoriser.



La prise de position invisible.


Alors, quel est le rapport avec la prise de position ? Eh bien, si l'on part du principe que nous ne regardons pas tous la réalité de la même manière, il est possible que nous ne tirions pas les mêmes conclusions d'un même événement. Et c'est tout à fait normal.


Au-delà de nos opinions, il y a aussi nos choix : les sujets auxquels nous décidons de consacrer du temps, les personnes que nous choisissons de mettre en lumière, les projets que nous décidons de porter... Tout cela raconte, d'une certaine manière, notre vision du monde.


Et justement, parlons de Les Robeuses. Que ce soit à travers le choix des créateurs et créatrices que je mets en avant, des esthétiques auxquelles je consacre mes articles, des récits que je partage, le média exprime mon regard sur la mode, sans nécessairement avoir besoin d'en faire une tribune. Une sorte de prise de position "invisible". Il y a une différence entre avoir une opinion et ressentir le besoin de l’exprimer. Dans mon cas, j’ai plutôt décidé de construire le changement que je voulais voir dans le monde.


Cela ne veut pas dire qu’il ne faut jamais prendre position publiquement. Il y a des situations dans lesquelles ne rien dire peut avoir des conséquences, et d’autres dans lesquelles prendre le temps de comprendre me semble nécessaire.


Peut-être que je n'ai pas besoin d'avoir un avis immédiat sur tout, ni de transformer chacune de mes réflexions en prise de parole publique. Mais cela ne m'empêche pas d'agir, de faire des choix et de défendre une certaine vision du monde.


Les Robeuses

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