NOSTALGIE, HÉRITAGE ET NUANCES DE ROSE : LES GUIDES STYLISTIQUES DE NOTRE MOIS DE L'AMOUR
- Régina Singa
- il y a 10 heures
- 4 min de lecture

L'année 2026 s'ouvre avec une série de tendances mode, beauté, lifestyle animées par une même énergie : la nostalgie. 2026, le nouveau 2016 ? Quoi qu'il en soit nous avons tous remarqué le retour de codes déjà familiers, revisités avec les énergies de Pluton en Verseau.
Notre mantra "Sois toi-même" a toujours été un moyen de faire passer ce message : s'habiller ce n'est pas chercher à plaire à tout prix, c'est un moyen d'exprimer qui l'on est vraiment, c'est un acte d'amour pour soi, pour son image, pour sa culture, c'est un acte de choix. Pour une génération Y qui a grandi entre surconsommation, revival permanent et quête d’identité, il est nécessaire actuellement de ralentir, de regarder en arrière, de sélectionner. Pour la génération Z, arrivant à l’âge adulte dans un monde saturé, s’habiller devient une manière de se situer, un geste esthétique presque politique.
La nostalgie n’est pas le passé qui manque, c’est ce qui nous a appris à aimer. Cet amour on le retrouve dans les couleurs qui réchauffent nos coeurs, dans l'usure du vêtement qu'on a déjà porté maintes fois, dans les bijoux de famille que l'on conserve précieusement, dans cet odeur qui nous plonge dans d'agréables souvenirs, dans les textiles qui nous apportent confort et sensualité. Face au renouveau permanent, nous faisons le choix de nous entourer de ce (et ceux) que nous aimons déjà.
LA NOSTALGIE : AIMER, ENCORE ET TOUJOURS !
Les tendances qui émergent parlent beaucoup de notion d'attachement, d'héritage émotionnel, de mémoire. On l'a vu le mois précédent dans notre article sur les archétypes masculins, la mode est nostalgique voire régressive. Les coupes reprennent les codes des années 80, 90, 2000 les matières nous évoquent la reconnexion à soi, quand les couleurs et les imprimés nous ramènent dans l'enfance.
Cette génération, en quête de sens, ressent le besoin de retourner là d'où elle vient, de retrouver la lueur d'espoir qui étaient la sienne, dans un monde qui semble aujourd'hui incertain. Et l'amour, énergie universelle et omniprésente est le fil rouge ! L'amour des siens que l'on n'a plus le temps de voir parce que nos vies vont trop vite, ou simplement parce qu'ils sont loin, l'amour de l'autre dans une société où la méfiance est devenue une seconde nature, l'amour de soi même quand on ne nous l'a jamais vraiment enseigné. Alors ce "retour à" devient un message d'amour pour ce qui nous a façonné, ce que nous avons été et que nous espérons redevenir, en ne gardant que l'essentiel, ce qui fait sens.
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LE ROSE, UN LANGAGE DE L'AMOUR
Cette année, le rose s'impose. Loin de sa symbolique naïve, il évoque le refus de la dureté et de la morosité au profit de l'amour de soi et de la liberté stylistique. D'ailleurs dans les cultures africaines, le rose est également associé aux notions de résilience et d'unité. C'est une couleur rassurante, séduisante, qui enveloppe de tendresse celles et ceux qui croisent son pigment. Le rose c'est ce langage émotionnel que tout le monde parle : les mots que l'on adresse à son enfant intérieur, les souvenirs de nos premiers émois, de notre premier amour, les sensations nouvelles lorsque l'on découvre la parentalité. Il est une invitation à délaisser le contrôle du mental et à explorer l'intuition du coeur.
Romantique certes, il n'en est pas moins vibrant. Le rose ne s'excuse pas d'aimer, il le clame haut et fort. Associé à des matières douces et sensuelles, il évoque le confort et le désir alors que sur des pièces fortes, il exprimera l'ambivalence. Dans le contexte actuel, il devient un choix esthétique visionnaire et vient revendiquer la douceur comme une force, la vulnérabilité comme une puissance.
L'AMOUR DE SOI, L'HÉRITAGE EN FILIGRANE
Célébrer l’amour en février, c’est aussi, pour nous, honorer le Black History Month. Si la nostalgie est le fil conducteur de cette année 2026, elle prend une dimension sacrée lorsqu’elle touche à nos racines. Ce "retour à" dont nous parlions ne se limite pas aux coupes de vêtements ; il s’agit de se réapproprier une narration, de puiser dans le passé la force d'aimer notre présent. Dans l’histoire des communautés noires, l’amour de soi, des siens, de sa culture, a souvent été un acte de résistance silencieux mais puissant. Aujourd'hui, porter un imprimé qui rappelle le pagne de nos grands-mères, réinterpréter le tailoring des années 70 de nos pères ou arborer fièrement des bijoux chargés d'histoire, c'est pratiquer une nostalgie curative. C’est dire : "Je sais d'où je viens, et j'aime mon héritage".
À l'instar des 6 créatrices qui révolutionnent la mode masculine, 2026 nous invite à créer ce dialogue entre le passé et le présent, entre nos cultures d'ici et d'ailleurs, à s'envelopper de fierté et à porter haut les couleurs de nos héritages. On transforme alors la nostalgie (ce qui nous a appris à aimer) en un moteur de création.
S'aimer, c'est alors ce savant équilibre entre la tendresse du souvenir et l'audace de l'identité. C’est porter son histoire sur soi, non pas comme un fardeau, mais comme la plus belle des parures. Parce que finalement, la plus grande tendance de l'année reste celle de l'authenticité.
Les Robeuses
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