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BEAUTÉS MULTIPLES : REPENSER NOTRE REGARD

  • il y a 2 jours
  • 4 min de lecture

L'opulence est reine chez Les Robeuses, et elle traverse les domaines de la mode, du lifestyle en passant par la beauté. Loin de vouloir imposer nos standards, nous venons mettre en lumière la diversité des mondes et des expressions. Là où l'on a longtemps cherché à lisser et à uniformiser, une nouvelle ère s'installe : celle qui célèbre la pluralité.


L'uniformisation n'est plus la norme, l'individuation est "le nouveau noir". Car la diversité n'est pas une exception, c'est une richesse, une force. Elle ouvre les regards, nourrit la création, et accompagne l'évolution de nos imaginaires.


Ce mois-ci, nous explorons l'univers de la beauté. A travers des regards, des récits, des inspirations, nous interrogerons les codes, et celles et ceux qui les créent, les transforment, les rédéfinissent.


LA BEAUTÉ EST UN LANGAGE : MÉMOIRE ET HÉRITAGE


Au-delà des frontières de l'Occident, la beauté ne suit pas de tendances, la beauté raconte. Le corps est une toile qui témoigne du passé. Coiffures, maquillages, tatouages, scarifications sont des symboles : ils perpétuent la relation avec les ancêtres, ils ancrent (et encrent) les us et les coutumes, ils sont la mémoire des victoires, des défaites, des leçons de vie, ils affirment l'appartenance à un groupe, ils transmettent des messages spirituels.

"Pour savoir où on va, il faut savoir d'où l'on vient."

Les gestes sont des rites, les routines ont du sens. Au-delà des symboles, certains rituels beauté sont utilisés pour protéger (on parle d'ailleurs de coiffures protectrices) : chez les arabes, le khôl était initialement un remède contre les infections oculaires, l'ocre rouge des Massaï sert de camouflage et de protection contre le soleil et les insectes.


Les cultures du monde nous enseignent les relations avec soi, les autres, la nature et le monde qui nous entoure. La mode et la beauté sont alors ici des canaux, des outils de transmission. Ils permettent de s'identifier, de se retrouver, de se sentir exister, de se souvenir.




DÉCONSTRUIRE LES DIKTATS DE BEAUTÉ


La déconstruction s'apprend, et elle commence par nous-même. Pendant longtemps, les corps ont été lissés, corrigés, effacés : vergetures gommées, ventres affinés, peaux uniformisées... Il aura fallu une loi encadrant les retouches photos pour que le réel reprenne sa place, timidement, dans les images que l'on consomme.


Car la beauté n'est pas une vérité absolue, mais plutôt une construction sociale. Chaque époque a érigé certaines caractéristiques en normes, tout en en marginalisant d'autres. Jeunesse éternelle, peaux sans texture, cheveux disciplinés, silhouettes musclées sont autant de critères qui n'ont aucun lien avec qui nous sommes, ce que nous faisons, ce que nous valons. Rien ne relie la beauté à la productivité, l'apparence à la compétence.


Et pourtant le doute persiste : peut-on porter cette coiffure au travail ? Ce maquillage est-il "approprié" ? La beauté impose, le regard dispose, et il est temps de faire évoluer nos regards.


Disclaimer : on ne questionne pas les métiers qui imposent, de par leur nature même, d'avoir les cheveux attachés ou les ongles courts par exemple, mais plutôt ces espaces où l'apparence est correlée aux compétences sans aucune justification.


"J'ai porté l'afro lors d'un entretien chez TF1, j'ai été prise et j'y ai travaillé quelques mois. Mise à part une personne, avec qui je ne travaillais pas directement, qui a "blagué" sur ma coiffure, je n'ai reçu aucun commentaire. Et pour information, c'est moi qui ai mis fin à mon contrat."

POUR UNE CÉLEBRATION DES BEAUTÉS MULTIPLES


"La beauté ne se vend pas à la pharmacie", et pourtant le diktat de la jeunesse éternelle continue d'alimenter une industrie florissante. Entre soins miracles, innovations esthétiques (crème quantique, kesako ?) et routines à rallonge, nous ne savons plus vraiment où donner de la tête.


Il ne s'agit pas d'opposer ou de juger, mais plutôt d'interroger. Prendre soin de soi, teindre ses cheveux, vouloir préserver un teint lisse n'est pas le problème, pas plus que de choisir de ne rien modifier. La question n'est pas ce que l'on fait, mais pourquoi on le fait. Est-ce un désir personnel ou une réponse à une norme imposée ?


Consommer la beauté, oui, mais en conscience. Cette conscience implique également une responsabilité : savoir ce que l'on achète, et le résultat que l'on cherche à atteindre est une première étape. Car les risques sont souvent mal encadrées, voire banalisées, il est donc nécessaire de prendre le temps de s'informer afin de faire des choix éclairés.


Célébrer les beautés multiples c'est permettre à chacun de choisir librement. C'est un espace où toutes les pratiques, tous les rapports au corps peuvent coexister. C'est passer d'une consommation qui est dictée, à une consommation qui est réfléchie. C'est ne plus chercher à correspondre à un idéal unique mais assumer son unicité.


"La beauté se vend pas à la pharmacie." - C'est dans la joie, Mokoké feat. Patson


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Cette saison, nous interrogeons notre rapport à la beauté, nous nous réapproprions nos corps et choisissons, en conscience, l'image que nous souhaitons véhiculer.


Les Robeuses


Les images publiées dans cet article ne nous appartiennent pas. Merci de nous contacter si vous souhaitez le retrait de vos photos.

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