ON S'EST ARRÊTÉES POUR ELLES ! NOS COUPS DE CŒUR À TRANOÏ

Depuis plusieurs saisons, Tranoï est devenu notre rendez-vous incontournable pendant la Fashion Week parisienne. On y vient pour découvrir de nouvelles marques, bien sûr, mais aussi pour retrouver celles que l’on connaît déjà et échanger avec les personnes qui les font vivre.
Si certaines saisons nous prenons le temps d'assister à des événements et des défilés en tout genre, cette année notre agenda nous a laissé moins de temps pour profiter de l'effervescence de cette semaine de la mode. Toutefois, Tranoï reste notre point de repère : un endroit où l’on expérimente l'innovation, la créativité et les savoir-faire dans une atmosphère plus calme, plus détendue et plus chaleureuse.
Cette année, l’expérience était d’ailleurs particulièrement immersive. Pensé comme un véritable parcours en forme de labyrinthe, le salon nous invitait à traverser les différents univers les uns après les autres, un peu comme chez IKEA : difficile de couper au plus court ou de simplement passer devant certaines choses. Et finalement, c’est peut-être ce qui nous a le plus plu.
D'ailleurs cette saison, nous avons particulièrement aimé nous laisser surprendre. Par une silhouette, un univers, une conversation, une personnalité ou une idée complètement inattendue… Nos coups de cœur n’étaient pas toujours là où nous les attendions. C’est aussi pour cela que nous aimons tant la Fashion Week Parisienne : pour ce mélange de cultures, de savoir-faire, de personnalités et d’univers qui se rencontrent le temps de quelques jours.
ANGELA BRITO
Nous suivions déjà Angela Brito depuis quelque temps sur les réseaux sociaux, alors quel plaisir de découvrir enfin son univers à Tranoï… et surtout de rencontrer sa créatrice !
Basée au Brésil et d’origine cap-verdienne, Angela Brito présentait sa collection printemps-été 2027 dans le cadre de la sélection CANEX. Une collection largement composée de silhouettes blanches, mais loin d’être minimaliste : asymétries, détails sculpturaux, œuvres peintes directement sur les vêtements… chaque pièce révèle quelque chose au fur et à mesure que l’on s’en approche.
Parmi les détails qui nous ont particulièrement séduites, le Panu di Tera, ce textile traditionnel cap-verdien auquel la créatrice accorde une place importante dans son travail. Une façon pour elle de faire dialoguer son héritage avec une création indéniablement contemporaine.
Et puis il y a eu notre conversation. Angela Brito nous confiait ne pas créer à partir de son propre style : elle porte essentiellement du noir, aime le confort et trouve même sa garde-robe personnelle plutôt ennuyeuse ! Elle se sent davantage proche des artistes, une vision qui se ressent dans ses collections, notamment à travers sa collaboration avec l’artiste brésilien Maxwell Alexandre.
Finalement, c’est un peu notre conversation qui a fait de cette rencontre l’un de nos coups de cœur.
MIRROR MIRROR
Il aura suffi d’une chips. Littéralement. Présentée au sein de THE THAI ROOM, Mirror Mirror est une marque de bijoux thaïlandaise qui nous a immédiatement arrêtées avec… un bijou en forme de chips. Et notre fondatrice étant absolument accro aux chips, il a bien fallu que l'on s'arrête.
Mais en regardant de plus près, nous avons découvert un univers bien plus vaste. Chez Mirror Mirror, les bijoux naissent de choses parfois très simples, de sensations ou de petits détails du quotidien, pour devenir de véritables objets de création. La nourriture y tient une place particulière, comme avec Food Therapy, une collection inspirée du popcorn, des chips ou encore du pain ; mais aussi des objets liés à l’art de la table, au cinéma ou à des scènes familières de la vie quotidienne.
C’est ce mélange entre le conceptuel, le ludique et le délicat qui nous a séduites. Des bijoux qui racontent quelque chose, sans jamais se prendre trop au sérieux.
Et le plus étonnant, c’est que Mirror Mirror est à l’opposé des goûts de notre fondatrice. Elle qui aime les bijoux imposants et qui se remarquent, ne pensait pas forcément craquer pour des pièces plus délicates. Comme quoi, les coups de cœur sont parfois là où on ne les attend pas.
DATHONGA
Il était impossible de passer devant le stand de Dathonga sans s’arrêter : les sacs étaient disposés sur de grands cerceaux suspendus créant une scénographie très graphique attirant tous les regards, dont les nôtres.
Et puis nous avons rencontré la fondatrice Marcia Nangy O'Connell. La conversation a très vite dépassé le cadre des sacs pour s’aventurer du côté de la créativité africaine, de ses influences et de tout ce qu’elle peut encore raconter. Profondément panafricaine, la marque va au-delà de la mode, et raconte les savoir-faire et même les savoirs africains.
Les sacs de Dathonga sont confectionnés à partir de feuilles de palmier tressées et associés à des finitions en cuir. Mais derrière ces gestes se trouve également un savoir mathématique : le Sipatsi, une technique de tressage sergé caractérisée par des motifs géométriques complexes. Leur réalisation repose notamment sur la géométrie et le calcul mental, nécessaires pour construire des motifs parfaitement symétriques. Ce qui pourrait n’être perçu que comme un motif décoratif devient alors la manifestation d’un véritable savoir. Comme l'écrit la marque :
« Tant que le monde ne sera pas capable de regarder une femme vivant dans une zone rurale du Mozambique et d’y voir une ingénieure en structures et une designer, la décolonisation de l’art restera inachevée. Nous ne faisons pas que montrer notre savoir-faire ; nous revendiquons une souveraineté intellectuelle. » - Marcia Nangy O’Connell
C’est pourquoi nous avons eu un coup de coeur pour Dathonga : on a découvert un objet que l’on a trouvé beau au premier regard, avant de réaliser qu’il renferme un héritage culturel, un savoir et une intelligence transmis à travers les générations.
PÉ DE CHUMBO
Nous connaissions déjà la marque portugaise Pé de Chumbo. Nous étions donc déjà admiratives du travail d’Alexandra Oliveira. Toutefois, pouvoir découvrir et toucher les pièces de la collection printemps-été 2027, MINUIT BLEU, présenté il y a peu à Milan, a été une très belle suprise. Et quelle collection !
Notre coup de coeur : cette robe à franges, à la palette de couleurs éclatante et aux larges rayures qui viennent se rencontrer au niveau des hanches, créant une superbe asymétrie.
Mais c’est surtout le travail du vêtement qui nous impressionne. Chez Pé de Chumbo, le textile est vraiment au cœur de la création. Les pièces sont travaillées sans couture, avec un savoir-faire qui permet de construire les silhouettes directement à partir des matières et des fils. Le résultat est à la fois très graphique, très féminin et singulier.
Nous n’avons pas eu l’occasion de rencontrer Alexandra Oliveira à Tranoï, mais son travail a largement parlé pour elle. Cette collection confirme tout le talent de la créatrice et a renforcé notre admiration pour son travail.
Photos via Milan Fashion Week
KAUWRI
Nous suivions déjà Kauwri sur Instagram, alors quel plaisir de découvrir enfin la marque à Paris lors du salon Tranoï. Basée à Nairobi, cette maison de joaillerie kényane propose des bijoux délicats et contemporains, avec un univers qui puise dans les paysages, les matières et la culture du Kenya.
En rencontrant Victor Wathiong'o, directeur créatif de la marque, nous avons commencé par parler de Paris, une ville dont il est tombé amoureux, avant de partager notre propre amour pour la côte kényane. De fil en aiguille, la conversation s’est prolongée et nous avons découvert un créateur particulièrement curieux, avec qui il était très agréable d’échanger.
Côté bijoux, nous avons notamment craqué pour la Bau Ring, qui inspirée des coquillages de bigorneaux, est une bague en bois travaillée avec de fins détails de granulation ; mais aussi sur une jolie paire de boucles d'oreille en forme de coeur qui ont discrètement rejoint notre wishlist en repartant du salon.
Une belle découverte, qui nous rappelle qu’on peut aussi garder le souvenir d’une marque grâce à la rencontre avec la personne qui se trouve derrière.
DISOBEDIENCE
Nous nous sommes arrêtées devant Disobedience parce que les chaussures nous ont immédiatement tapé dans l’œil. Des designs graphiques, un brin edgy, et surtout ces talons en bois aux formes sculpturales qui nous ont rappelé une paire que nous aimons particulièrement. En discutant avec la créatrice, nous avons découvert que derrière ces silhouettes audacieuses se cachait une réflexion beaucoup plus poussée autour des matières et de leur fin de vie.
Certaines chaussures sont ainsi conçues à partir de matières biodégradables comme le jute, la laine ou la cellulose, tandis que les talons sont fabriqués à partir de bois de teck récupéré. La marque va même jusqu’à penser ses chaussures pour être réparées, démontées et, lorsque les matériaux le permettent, retourner à la terre.
Cette rencontre entre design expérimental, artisanat et circularité nous a laissé sans voix. Une mode responsable qui ne cherche pas à être trop sage, on aime !
MALIKO
Le stand de Maliko a immédiatement attiré notre attention. La marque nigériane, basée à Lagos, imagine des chaussures et accessoires artisanaux, réalisés avec des savoir-faire locaux. Mais à Tranoï, c’est surtout la manière dont les pièces étaient présentées qui nous a séduites.
C’était certainement l’un des stands les plus apaisants du salon : des couleurs terreuses et des accessoires disposés comme de véritables œuvres d’art. L’ensemble dégageait quelque chose de très calme et de très élégant, tout en laissant les pièces occuper pleinement l’espace.
Nous n’avons malheureusement pas eu l’occasion de rencontrer le créateur derrière Maliko, mais son univers était déjà bien présent dans cette mise en scène. Une très belle marque, et un stand qui nous l’a fait ressentir au premier regard.
NOTRE GALERIE
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Nous continuerons à partager nos découvertes de cette édition de Tranoï sur nos réseaux sociaux. De quoi prolonger encore un peu cette semaine de la mode parisienne faite de rencontres et de belles surprises.
Les Robeuses



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